MINISTÈRE DES EAUX ET FORÊTS, CHARGE DE L'ENVIRONNEMENT ET DU DÉVELOPPEMENT DURABLE

Sceau de Republique Gabonaise

DISCOURS Mr. PACOME MOUBELET BOUBEYA, MINISTRE D’ETAT, MINISTRE DE LA FORET, DE LA MER ET DE L’ENVIRONNEMENT A L’OCCASION DE LA JOURNEE MONDIALE DES ZONES HUMIDES 2018

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Mesdames et Messieurs

Le 02 février, le Gabon comme d’autres pays à travers la planète, célèbre la journée mondiale des zones humides. Le thème retenu cette année par la communauté internationale est : « Les zones humides pour les villes de demain ».

Je rappelle que c’est en 1971 dans la ville iranienne de Ramsar, que la communauté internationale a pris toute la mesure du problème des zones humides et de l’urgence de leur protection. Cette prise de conscience a donné naissance au plus ancien traité international sur l’environnement, la Convention de Ramsar sur les zones humides, à laquelle notre pays a adhéré en 1987.

Mais au-delà des commémorations ponctuelles, les zones humides, ici comme ailleurs, ont une forte composante économique et culturelle. En effet, fleuves et rivières résument le Gabon, son histoire et ses représentations. Tant et si bien que les mythes et légendes qui donnent à la vie de chaque individu son sens et à toute société sa justification en portent la marque.

Les activités à caractère économique figurent elles aussi en bonne place dans ce tableau, car nos cours d’eau sont aussi bien nourriciers que pourvoyeurs de revenus, à travers le commerce des produits de la pêche, sans oublier les activités récréatives ou l’écotourisme.

Mesdames et Messieurs,

Quand j’évoque l’importance de la pêche comme enjeu lié aux zones humides, je n’oublie pas les menaces qui pèsent sur notre riche biodiversité aquatique. Celle-ci porte aujourd’hui le poids de la crise qui frappe notre économie, notamment le chômage des forces vives de la nation, qui se traduit par des pressions constantes sur les ressources halieutiques, privées de temps de maturation et même de reproduction, au mépris des lois et règlements qui protègent notre environnement.

C’est pourquoi, en ce jour de commémoration, à l’observance d’un rite, j’entends ajouter la foi dans l’action du gouvernement et des partenaires internationaux en matière de protection de l’environnement et des zones humides en particulier.

De cette nouvelle relation à l’environnement, le Président de la République, Son Excellence Ali BONGO ONDIMBA en est l’inlassable ambassadeur, comme l’a démontré sa participation active aux sommets sur le climat, à Bonn puis à Paris, en tant que Président du Comité des Chefs d’Etats et de gouvernements africains sur le changement climatique (CAHOSC).

Mesdames et Messieurs,

Le thème, « les zones humides pour les villes de demain » fait écho à l’évolution, ou plutôt à l’altération des écosystèmes qu’engendrent les mutations urbaines, qui caractérisent notre planète.

Aujourd’hui, plus de 50% de la population mondiale vit en ville. Notre pays, pour sa part compte 75% de sa population vivant en milieu urbain. Une telle explosion urbaine n’est pas neutre pour l’environnement et les zones humides en particulier. Ces milieux portent en effet les stigmates d’une croissance urbaine dont l’expression géographique est terriblement prégnante pour l’environnement, ainsi qu’en témoigne le recul des écosystèmes de mangroves à Libreville et sa périphérie.

Mesdames et Messieurs,

Notre pays a la chance d’être bien loti en ressources hydriques. Mais si nos ressources en eau semblent illimitées, les écosystèmes humides se retrouvent d’une manière ou d’une autre au carrefour des diverses pressions anthropiques : terrains à bâtir, pollutions industrielles et urbanisation mal maîtrisée ne sont pas sans incidence sur la quantité et la qualité des eaux.

Les pertes matérielles et en vies humaines récurrentes lors des épisodes pluvieux renvoient à notre responsabilité dans les dysfonctionnements occasionnés par nos agressions sur l’environnement. Ces drames ont d’autant plus d’impact que les zones humides sont obstruées par les constructions ou les déchets de toutes natures. Dans la plupart de nos villes, les canaux destinés à recevoir l’eau de pluie sont transformés en poubelles.

En conséquence, les efforts consentis par les pouvoirs publics en vue de remodeler l’espace urbain et offrir aux citadins un cadre de vie décent, à travers d’importants et coûteux travaux d’assainissement des bassins versants se heurtent à certains comportements blâmables.

La santé humaine ne sort pas indemne de ces dérives. En effet, les déterminants environnementaux de la santé sont inféodés aux mauvaises conditions d’hygiène et surtout à la mauvaise qualité de l’eau de boisson, imputable à la pollution des nappes phréatiques, à partir desquelles bon nombre de ménages s’alimentent dans certains quartiers. Et que dire du paludisme, dont la localisation des gîtes larvaires à proximité des habitations explique la persistance de la maladie.

Preuve s’il en était encore besoin, que notre santé dépend de celle des zones humides.

En définitive, le lien entre les villes de demain et les zones humides est à rechercher dans l’objectif d’une gestion durable de l’environnement, dont nous sommes à des degrés divers les acteurs.

Je vous remercie.

Publié le : 01 / 02 / 2018