Ministère de l’Economie forestière, de la Pêche et de l’Environnement, chargée de la protection et de la gestion durable des écosystèmes

Sceau de Republique Gabonaise

DISCOURS D'ESTELLE ONDO A L'OCCASION DE LA JOURNEE MONDIALE DES ZONES HUMIDES 2017

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Chers Concitoyens, Mesdames et Messieurs,

A l’instar de la Communauté Internationale, le Gabon célèbre le 02 Février de chaque année, la Journée Mondiale des Zones Humides.

Pour l’année 2017, le thème retenu par la Convention de Ramsar sur les zones humides est : « Des zones humides pour la prévention des risques de catastrophes».

 Beaucoup d’entre nous ne sont pas familiers du vocable « zones humides », et ne mesurent surtout pas les enjeux écologiques et socioéconomiques de ces espaces pourtant en abondance dans notre pays.

En effet, les zones humides sont des milieux naturels qui se caractérisent par la présence d’une eau permanente ou temporaire, douce, saumâtre ou salée, en surface ou en profondeur dans le sol.

Elles jouent un rôle écologique capital pour la préservation de la qualité des eaux et de la biodiversité particulière que l’on y observe.

Sur le plan économique, les zones humides servent de support à diverses activités : la pêche, l’agriculture, le tourisme, pour ne citer que celles là.

Ainsi défini, et au regard du contexte climatique et du réseau hydrologique dense de notre pays, il n’est pas exagéré de dire que le Gabon est une immense zone humide.

 Chers Concitoyens,

A travers le thème retenu cette année, la Communauté Internationale nous interpelle sur l’importance des zones humides face aux évènements climatiques et aux catastrophes de toutes sortes qu’ils engendrent. En effet, ces dernières années, notre planète a enregistré des phénomènes cycloniques qui ont semé la désolation et la mort dans plusieurs parties du monde. A une moindre échelle, notre pays subit régulièrement les affres des précipitations trop abondantes, qui voient des rivières sortir de leur lit et envahir nos lieux de vie, causant au passage d’importants dommages sur les biens et parfois sur les personnes.

Malheureusement, force est de constater que dans beaucoup de cas, les atteintes à l’environnement provoquent les catastrophes liées au climat.

En effet, la mauvaise gestion des déchets et les constructions anarchiques qui entravent le bon fonctionnement des ouvrages d’assainissement et d’autres types d’exutoires, constituent l’une des causes des crues qui affectent nos villes.

Les récentes inondations qu’a connues la commune d’Akanda prouvent à suffisance le lien entre la pression urbaine, hélas mal maîtrisée, et la survenue de catastrophes liées à la forte pluviométrie.

En définitive, ce qu’il est courant de qualifier de catastrophe naturelle a une part de facteurs anthropiques dans ses causes.

Face à cette situation, il n’y a pas de solution miracle que le bon usage des ouvrages publics d’assainissement et de drainage des eaux, trop souvent transformés en dépotoirs. Autant de gestes qui compromettent les efforts de l’Etat en matière d’aménagement des bassins versants dans la capitale.

Plus que jamais, notre devoir à tous est de préserver ce qui a été construit en vue de l’amélioration de notre cadre de vie.

 Mes chers concitoyens,

Ce sont ces préoccupations qui guident l’action du Président de la République, Son Excellence Ali BONGO ONDIMBA dans sa politique de préservation de l’environnement.

En effet, les initiatives en faveur de la préservation et de la valorisation des zones humides sont contenues dans le Plan Stratégique Gabon Emergent dont la mise en œuvre est assurée par le Gouvernement de la République conduit par le Premier Ministre, Monsieur Emmanuel ISSOZE NGONDET.

Il s’agit notamment :

-de l’aménagement des bassins versants ;

-du développement agricole et agro-industriel ;

-de l’approvisionnement en ressources halieutiques ;

-de la fourniture en énergie.

 L’implication des zones humides dans le développement durable de notre pays est inestimable au regard de la liste des domaines dans lesquels elles interviennent. Il nous suffit de regarder autour de nous pour nous en rendre compte et surtout apprécier.

 La volonté des plus hautes autorités s’est traduite au cours de ces dernières années par l’adoption de nouveaux cadres légaux et institutionnels. Je pense à la loi d’orientation sur le Développement durable, au Code de l’environnement, au Code des Pêches, entre autres. Je pense également à la création, en 2011, de la Direction Générale des Ecosystèmes Aquatiques dont la principale mission est d'élaborer et de conduire la mise en œuvre de la politique nationale en matière de gestion du patrimoine hydrique.

 Actuellement les directions générales de l’Environnement, de la Pêche et des Ecosystèmes Aquatiques sont sous la tutelle du Ministère de l’Economie Forestière ; ceci démontre bien la volonté du Gouvernement d’assurer la préservation et la valorisation de nos zones humides.

Mes chers concitoyens,

 Au-delà des épisodes météorologiques dramatiques, chacun de nous peut mesurer au quotidien la chance de vivre dans un pays aussi arrosé que le nôtre. Songeons tout simplement à notre rapport à la ressource en eau pour comprendre les enjeux sociaux, économiques, écologiques et culturels autour des zones humides : nos croyances et nos modes de vie sont intimement liés à l’eau. En un mot, les zones humides répondent à nos besoins les plus vitaux.

 Malheureusement ces écosystèmes sont aujourd’hui à la confluence des pressions exercées par la croissance démographique et l’expansion économique, pour l’essentiel basée sur l’exploitation des richesses naturelles, dont les ressources halieutiques. La destruction continue des zones de mangroves qui prive les poissons et les autres espèces marines de leurs zones traditionnelles de reproduction devient une source de préoccupation.

  L’appauvrissement de la biodiversité dont regorgent nos zones humides fait peser des risques de catastrophes d’une ampleur et d’une nature toute particulière, tant elle touche nos modes de vie et donc notre survie.

C’est donc pour lutter contre ces problématiques que des efforts particuliers doivent être faits à tous les niveaux et par chacun d’entre nous. En effet, en plus des initiatives politiques et des mesures gouvernementales, la préservation des zones humides est l’affaire de tous, aussi bien au niveau national qu’international car l’eau constitue un bien mondial.

C’est pour cela que je salue ici la coopération internationale, à travers la Banque mondiale et les autres partenaires au développement, qui apportent leur appui au Gabon dans la préservation de ses zones humides.

J’exhorte aussi les ONG nationales à renforcer leurs actions dans ce domaine en privilégiant la proximité qu’elles entretiennent avec les populations.

Vive les zones humides, pour que vive l’humanité.

Je vous remercie.

Publié le : 02 / 02 / 2017